Colloque: effets de genre dans les sciences et les technologies

Isabelle STENGERS

« Les filles infidèles de Virginia Woolf »

Résumé :
Dans Trois Guinées, alors que les universités anglaises s’ouvraient aux filles, Virginia Woolf conseille à celles-ci d’éviter de s’engager dans les carrières qui pourraient s’ouvrir à elles. « Think we must – quelle est cette civilisation où nous nous trouvons ? » – et les universités ne sont pas un bon lieu pour penser. Se définir comme « fille infidèle de Virginia Woolf » pour une femme de ma génération, qui a connu, étudiante, la brève ouverture post-68, c’est d’abord reconnaître que Woolf avait raison : les universités ont été incapables de défendre ce que demande la pensée, et l’entrée des femmes dans la carrière n’a pas fait de grande différence. Mais c’est aussi se situer en position spéculative – penser avec le possible, non le probable. Et cela à une époque, semblable en cela à celle où écrivait Virginia Woolf, où le probable est plus qu’angoissant. Puisque nous sommes ici, à l’université, quelle différence pourrions-nous faire, à quoi devrions-nous être attentives ?


Warning: Division by zero in /home/xnentrel/www/wp-includes/comment-template.php on line 1379

Laisser un commentaire