Personner

Texte dans son intégralité:

personner-milieu pour une disposition d’esprits

Extraits:

Des murmures
des cris…

ici, des correspondances –

– ça parle avec des mots qui disent les êtres qui nous parlent

Ils sourdent, ils traversent, ils répondent – ils passent, …
ils agissent, ils prennent part

En ces lieux étranges, une flamme déambule – puis s’éteint, offerte…
aux éclats de nos rires, aux sels de nos larmes,
à la tendresse qui fait s’étrangler la voix

Elle brûle, elle brûle à nouveau – par éclats, et doucement … est offerte

Les humains donnent peu, à ce qu’il paraît – le nous est hâtif, le nous est pressant – cela sonne bien

Dégager un nous par lequel il n’y a plus aucun homme pour regarder et décider de faire comme si –

– aucun nom

personne

*

Partage de celles et ceux qui n’apparaissent qu’en rêves à demi, mais qui sont là et bien là,
trop présents pour endormir la douleur de l’aimable jardin

Souvenirs enfuis : drôles de mémoires les ramenant pratiquement – parmi nous,
comme s’il fallait en subir l’actualité à nouveau

Des clôtures prennent feu – entendent remonter les voix abîmées, que deux ou trois fatigues croyaient avoir éteintes à jamais

« Folles herbes ! Marcheurs puissants ! 
On y vaste ?»

Les modernes voulaient savoir qui a parlé, là, et sa nationalité

Ci-gît, ton cadavre, quelques fleurs, un immeuble

Plaine – nous rejoindrons la nuit favorable aux rencontres – dans l’irréparable cassure / qu’importe
si la veille nous abuse
Et tout ce qui parle est fait
de chair mortelle

A partir de la fin, dans ce qui naît corps s’écrivant, dans ce qui souffle – un pressentiment
venant de loin, allons enfants !

Non pas tel chant – mièvre – pour demain, mais un chuchotement, de maintenant, l’indicible d’un moindre horizon, un climat, souffle discret –
un matin
*
Moments tactiles, ici, mouvements doux, nos trajets : pas à pas… « ne pas »,
oui, mais ? – de l’affirmation

Passer par les mots pour nous taire – mutismes hors d’homme, énormes
ouvroir de forces étrangères, de celles qui inventent les venues,
les durées qui déchirent, et font recommencements :
parler de là

Parler – privés de paroles – parchemins
dans un langage qui fait défaut – ce qui nous a parlé, nous parlera toujours,
comme ne cesse de s’étendre l’accord qui s’éteint,

vestige de multiples naufrages

Les morts ont toujours fini de mourir, nous n’en finissons pas de naître avant cela

Depuis les mégères de la mer intraitable, l’initial – ce qui projette un dire non, à l’abjection

La mort ne s’oppose pas à la vie, c’est bien l’inverse
(quelle erreur d’avoir dit la mort)

N’être sans survie – car temps et morts sont asynchrones

Questions, paroles, silences, astres glorieux et cris d’oiseaux,
chants qui échappent à la nécessité infernale du langage, liesses
des créatures du ciel – musiques où soutiennent les silences
de ce qui s’entend encore, ou va s’étendre
dans ce qui ne s’entend pas

Etreintes silencieuses, et mémoires sans sauvegardes

La disparition de ce qui jamais ne s’exténue

*
Quelque chose dure, comme un rêve illusoire –
rêves de chênes, rêves de pierres,

là même où fêter ne fait plus divertissement

Un timbre vibre, un orage dont on ne sait s’il se rapproche, s’il s’en va
et s’il trouera le béton, ou non –
frappera la bêtise avec précision

Grâces sans raisons – des empreintes

Traces ; non de ce qui a eu lieu, mais de ce qui n’est jamais passé, de ce qui ne passe pas,

là où ça devient délicatesse,
ou brutalité

Recherche d’un passer perdu, de pertes en chemins – d’une éternité passagère qui s’oublierait, dans le brouillard de nos consciences

Un temps pulse, nous met en présence de multiples présents, –

qualités
qui ne coïncident plus

Chances cruelles de ce qui se dérobe à tout service, durées vitales de ce qui soustrait

à la métrique

Locaux, les passeurs font organes en réponses, échos d’un langage
qui dépasse infiniment

*
Écrits de la Terre sans auteurs ni origine (descartes en demeure étonné) –
bouches béantes des sans sujet, silences qui parlent sans causer, et lucioles
qui n’expriment ni ne dissimulent rien, mais indiquent
de l’injustifié,
(de l’injustifiable, peut-être)

Nous échouons sur un rivage où nous n’étions attendus que plus tard,
après ce lent
anéantissement

De la prévoyance ?
– mais ce n’est pas nous qui devançons ce qui nous excède ! – ce qui nous enlève à nous-mêmes, ignorants,
mille-et-une voix
rauques

Liens qui n’existent pas, fils qu’on ne peut lier
et par qui tout se lie, d’ailleurs ;
dans une sorte d’immersion –
qui fera lieux

Délogée, une volonté d’action, ou logique de l’apparaître – vers une passion du surgir, un art des passages
et des traces

Disposition d’esprits aux travers no/us

Nous nous retrouvons dégagés : trouver nos modes originaux

En une phrase, aux déplis infinis 

ritualiser nos séparations

*


Warning: Division by zero in /home/xnentrel/www/wp-includes/comment-template.php on line 1379

Laisser un commentaire